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Série « Paris-Outre-Mer : la fracture ? »
Épisode 1/4 : Nouvelle-Calédonie : le dialogue impossible ?
Podcast France Culture
lundi 12 mai 2025
Le 8 mai, le ministre des outre-mer Manuel Valls a quitté la Nouvelle-Calédonie sans être parvenu à trouver un accord politique avec les indépendantistes. Un échec qui annonce une nouvelle période d’instabilité dans l’archipel, un an après les émeutes de 2024 ayant coûté la vie à 14 personnes.
Avec
Benoît Trépied, anthropologue au CNRS
Benoît Carteron, anthropologue membre du laboratoire espace et société de l’université d’Angers
Il y a un an, la Nouvelle-Calédonie s’embrasait. Révoltés par le projet d’ouverture du corps électoral à l’ensemble des “zoreils”, les Hexagonaux venus s’installer en Nouvelle-Calédonie, les Kanaks indépendantistes incendiaient les bâtiments publics, saccageaient les commerces, s’attaquaient à tout ce qui représente l’ordre politique et économique dont ils s’estiment être les éternels perdants. Un soulèvement populaire revendiqué comme tel par ceux qui l’ont porté et disqualifié par les loyalistes qui s’y sont opposés, parfois avec violence, formant des groupes cagoulés et armés qui avaient laissé planer la menace d’une guerre civile sur l’archipel. Un an plus tard, les stigmates demeurent, sur certains bâtiments encore calcinés ou lézardés, mais aussi dans les esprits. Dans ce contexte plus que jamais polarisé, Manuel Valls a réuni les différents groupes politiques dans ce qu’il a appelé un “conclave”, avec l’espoir de trouver un nouvel accord politique pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Un espoir déçu puisque le 8 mai dernier, le ministre des Outre-mers a reconnu qu’aucun compromis n’avait pu être trouvé.
Focus - Dans le Grand Nouméa, les survivances du vivre-ensemble
Avec Benoît Carteron, ethnologue et anthropologue, membre du laboratoire espace et société de l’université d’Angers
En dépit des affrontements de mai 2024, malgré l’échec des discussions engagées sous l’égide de Manuel Valls, et au-delà des clivages politiques qui creusent un fossé entre les Néo-Calédoniens, certaines parties du territoire échappent aux tensions qui agitent l’archipel. Parmi elles, Katiramona-Nondoué. Comment expliquer que ce quartier de la lointaine banlieue de Nouméa parvienne à préserver une forme de concorde et de vivre-ensemble, alors même qu’il est habité par des Kanaks, des Caldoches, des Hexagonaux et des Océaniens ?
Pour aller plus loin :
Benoît Trépied est l’auteur de Décoloniser la Kanaky-Nouvelle-Calédonie (Anacharsis, 2025)
Benoît Carteron est l’auteur de l’ouvrage Du quartier au Pays – Sociabilités pluriculturelles et appartenance en Nouvelle-Calédonie – Ethnographie de Katiramona-Nondoué (Dumbéa) (éditions Presses universitaires de Nouvelle-Calédonie, 2020)
"Décoloniser la Kanaky-Nouvelle-Calédonie" de Benoît Trépied
Le 13 mai 2024, la Kanaky-Nouvelle-Calédonie a connu un embrasement sans précédent qui fera date. Les dégâts humains, matériels et politiques ont été considérables. Mais surtout, un processus de décolonisation unique dans l’histoire a été brutalement interrompu. Ce livre voudrait fournir les clés pour comprendre un tel bouleversement.
Du peuplement kanak du pays il y a trois mille ans aux colons venus « blanchir » le territoire, de la lutte pour l’indépendance aux accords de paix, il revient sur un long chemin d’émancipation et examine les mutations survenues ces quarante dernières années, d’un point de vue tant social, qu’économique et politique.
De la sorte, c’est un tableau complet et accessible qui est ici proposé, avec l’espoir que cet ouvrage puisse éclairer les consciences et, modestement, aider à imaginer les voies d’une décolonisation réussie à l’avenir.
Paru en mars 2025
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